Résumé :
Deux chercheurs proposent une liste de recommandations d'accessibilité pour les malvoyants et les dyslexiques sur la base d'une comparaison de différents référentiels. L'objectif est de rendre la navigation et le contenu des sites plus lisibles par les personnes handicapées, mais les recommandations peuvent être utiles également au grand public.
Recommandations :
- Aspects graphiques et techniques : veiller au respect des standards d'accessibilité (consulter le rapport DRC dans "Voir aussi").
- Contenu : rédiger des contenus de manière claire et sans ambigüité
par Béatrice Coutelet *
De nombreux enseignants développent des sites Web pédagogiques pour leurs élèves. De plus en plus, ils sont confrontés à la question : comment rendre ces sites accessibles au plus grand nombre et notamment aux personnes handicapées ? Pour les aider à résoudre cette question, des recommandations ont été formulées par différents organismes compétents sur l’accessibilité, en France et à l’étranger (consulter le menu "Voir aussi"). Une difficulté pour les enseignants est que les recommandations sont nombreuses et il n’est pas toujours aisé de croiser les informations pour pouvoir adapter au mieux les sites à différents publics.
L’objectif de notre article est de présenter des recommandations pour rendre les sites Web plus accessibles à la fois aux malvoyants et aux dyslexiques. Nous nous basons sur le travail de deux chercheurs, qui ont analysé les recommandations d’accessibilité de deux organismes reconnus et les ont synthétisées à partir de leurs points communs. L’intérêt de cette synthèse est aussi de connaître le "pourquoi" de certaines recommandations.
Il convient de rappeler que l’amélioration globale de la qualité des sites est positive pour les personnes handicapées aussi bien que pour le grand public, qui bénéficie d’une plus grande lisibilité des contenus. Tous ces éléments pourraient servir à la réflexion des enseignants sur l’accessibilité des sites éducatifs.
Lindsay Evett et David Brown, de l’Université de Nottingham Trent (en Angleterre), ont comparé les recommandations de l’Institut National Royal pour Aveugles (RNIB, en anglais) et de l’Association Britannique sur la Dyslexie (BDA, en anglais). Ces deux recommandations traitent de la lisibilité textuelle (sur papier et sur écran). Celles de la BDA incluent aussi des items sur la présentation des sites Web.
Les auteurs ont constaté que les deux listes contiennent plusieurs points communs, parfois redondants. Ils ont donc proposé une liste unique avec des items adaptés aux deux publics visés par les recommandations. Cette liste a été, à son tour, comparée au rapport 2004 de la Commission britannique pour les droits des personnes handicapées (DRC, en anglais), lequel prend en compte les "Web Content Accessibility Guidelines" du consortium W3C (consulter le menu "Voir aussi"), une référence en la matière. Selon les auteurs, la liste unifiée répond à plusieurs problématiques signalées dans le rapport du DRC et elle permettrait d’améliorer l’accès visuel des personnes handicapées aux sites Web. Par ailleurs, les recommandations sont pour la plupart compatibles avec des directives générales sur l’ergonomie des sites. Elles peuvent donc être utiles à tous les utilisateurs, quel que soit leur profil.
Navigation :
Gestion de la page :
Configurations multimédia :
Les recommandations ci-dessus peuvent paraître assez "évidentes" pour certains. Cependant, l’analyse des sites sur le Web montre que la plupart d’entre eux ne sont pas conformes aux directives d’accessibilité (consulter le rapport DRC dans "Voir aussi"). Une meilleure diffusion de ces recommandations est donc nécessaire pour rendre les sites plus lisibles.
Au delà des aspects techniques et graphiques, c’est le contenu des sites qui est en question. Pour une bonne accessibilité, les contenus devraient être rédigés de manière claire et sans ambigüité. L'engagement des auteurs et rédacteurs est donc fondamental dans ce domaine.
L’ensemble des recommandations formulées ici a un double objectif, à savoir :
Il conviendra tout de même de suivre l’évolution des recommandations (menu "Voir aussi") et d'incorporer les nouvelles directives aux sites éducatifs. Enfin, le défi pour les enseignants sera de créer des sites qui respectent les règles d’accessibilité, tout en préservant la créativité et l’innovation, afin que chaque site soit à la fois lisible, attractif et intéressant pour les élèves.
* Béatrice Coutelet - psychologue spécialiste du développement et de la cognition, titulaire d'un doctorat en psychologie
date de publication : 23/12/2008
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