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B2i, la validation de compétences
Entretien avec Guy Menant

Guy Menant est Inspecteur Général, groupe Sciences de la Vie et de la Terre,
et co-responsable de la cellule d'expertise TIC de l'Inspection Générale.

L'inscription du B2i dans le socle commun donne-t-elle aux établissements scolaires une obligation de résultat ?
G.M : La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole, votée en 2005, n’impose pas une obligation de résultats, mais une obligation de moyens de formation.

En inscrivant les « techniques usuelles de l’information et de la communication » comme un des éléments du socle commun de connaissances et de compétences, la loi place les TIC parmi les objectifs fondamentaux de l’enseignement obligatoire. Le décret du 11 juillet 2006 a précisé ensuite que le niveau visé est défini par le B2i collège.

Le B2I collège constitue donc :

  • par les items de sa feuille de position, le référentiel qui doit guider au collège la formation des élèves dans le domaine des TIC, en continuité avec le référentiel du B2i école ;
  • l’attestation de la maîtrise de la quatrième grande compétence du socle commun de connaissances et de compétences, élément obligatoire à partir de la session 2008 pour obtenir le diplôme national du brevet ;
  • un des indicateurs de performance pour l'évaluation de l’enseignement du second degré au regard de la LOLF, le B2i école jouant le même rôle pour le premier degré.

Le B2I doit attester des compétences acquises progressivement tout au long de la scolarité, au cours des années de l’école puis du collège. Aucun élève ne doit être oublié, ce qui nécessite une distribution de la formation puis de la validation des compétences entre les enseignants. La mise en œuvre dans des contextes variés est indispensable pour l’acquisition de compétences au sens du socle commun, mobilisables en autonomie en dehors de l’école dans les conditions de la vie personnelle et plus tard professionnelle. Ceci implique une nouvelle façon de construire et de suivre les acquis de l'élève, en tenant compte de son parcours sur plusieurs années et dans plusieurs matières.


Les enseignants sont-ils suffisamment formés pour cela ?
G.M : Une partie d'entre eux se sont formés à ces nouvelles pratiques, notamment grâce aux différents stages de formation continue qui leur sont proposés, ou en s'entraidant mutuellement.

En formation initiale, le cahier des charges de la formation des maîtres en IUFM publié au BO en janvier 2007 énumère dix compétences que tout enseignant doit suffisamment maîtriser, la huitième concernant les technologies de l’information et de la communication. Cette maîtrise est attestée par l’obtention du C2i niveau 2 enseignant. (Certificat Informatique et Internet)

Pour l'avenir, une réflexion sur le métier d'enseignant est en cours. Les TIC contribuent aux évolutions du métier : elles permettent une organisation plus souple, apportent des possibilités de prendre en charge les élèves de manière plus personnalisée, facilitent les articulations entre le travail en classe et hors de la classe. Elles rendent possibles des mutualisations, des échanges de pratiques réactifs et productifs...

Peut-on réellement former en même temps à l'usage des nouvelles technologies et aux sciences de la vie et de la terre ? (la question pourrait être posée en remplaçant SVT par toute autre discipline ) ?

G.M : Le socle commun des compétences et connaissances ne se superpose pas aux programmes, il est à l'intérieur. Le professeur reste d'abord un professeur de sa discipline. Mais les programmes soulignent de plus en plus d'opportunités d'usages des TICE, chaque fois que la valeur ajoutée en termes d'apprentissages est suffisamment établie pour être généralisée. Ce qui est souhaitable, c'est que le professeur identifie simultanément en construisant une séance utilisant les TICE, les objectifs propres de sa discipline et ceux qui relèvent du référentiel du B2i.

Quelques spécificités :
  • le B2i école : les domaines de compétences sont intégrés aux progarmmes d'enseignement primaire depuis la rentrée 2002.
  • le B2i collège : obligatoire au brevet en juin 2008 (arrêté du 15 mai 2007).
  • le B2i lycée : sera intégré à terme au baccalauréat.
Beaucoup de programmes invitent par exemple à lancer les élèves dans des recherches documentaires. Le professeur peut pour ce faire s'appuyer sur les professeurs documentalistes, pour que ces recherches personnelles soient l'occasion d'acquérir les compétences du domaine 4 du B2i [s’informer et se documenter].
Par exemple son programme actuel lui explique qu'il doit privilégier les expériences réelles, mais qu'effectuer de temps en temps des expériences assistées par ordinateur, permet d'apporter aux élèves, en même temps que des connaissances de SVT, des connaissances sur l'utilité et les limites des logiciels de simulation.

Les élèves doivent-ils réellement participer à la validation de ce qu'ils maîtrisent ?
G.M : Plus exactement, les élèves peuvent demander la validation d’un item du référentiel lorsqu’ils estiment maîtriser suffisamment la compétence correspondante. C’est le sens de la « feuille de position » des B2i. Les y inciter favorise le développement de leur autonomie, leur capacité à prendre des initiatives. Mais on ne peut se limiter à attendre que l’élève se livre à cet auto-positionnement : l’obligation de formation qui découle de l’inscription des TIC dans le socle commun donne une responsabilité explicite au système éducatif, donc à l’établissement et aux équipes pédagogiques. Tous les élèves doivent être l’objet d’un diagnostic auquel ils peuvent contribuer, puis si besoin d’une formation, d’évaluations formatives et finalement pour la majorité d’entre eux d’une validation.
Qui doit répartir le travail de validation des items du B2i entre les professeurs ?
G.M : C'est clairement au niveau de l’école ou de l'établissement que doit être définie cette organisation. Dans les collèges et les lycées, s’ajoute à la coordination entre niveaux d’une année à l’autre la concertation indispensable entre les enseignants des différentes disciplines : le conseil pédagogique en est le lieu naturel, sous la responsabilité du chef d'établissement. Le rôle du coordinateur TIC est important dans cette mise en oeuvre du B2I, il doit être légitimé dans les missions qui lui sont confiées.
Comment peuvent-ils faire pour évaluer les attitudes évoquées dans le domaine 2 ?
G.M : Encore une fois, il ne suffit pas de penser à l’évaluation : avant, il faut organiser et réaliser la formation. Le domaine 2 est un élément essentiel du B2I. Cette formation citoyenne fait explicitement partie des missions de l'école. Des pistes pour concevoir des situations d’apprentissage et d'évaluation sont accessibles en ligne, notamment sur Eduscol (grilles de référence pour l’expérimentation du livret individuel de compétences), dans le document d'appui au B2I, dans les EDU’bases disciplinaires du site Educnet ; des ressources utiles pour ce domaine sont citées sur le site Légamédia d’Educnet , sur le Forum des Droits sur l’Internet ...