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B2i, la validation des compétences

Le rôle de l'enseignant dans la validation des compétences


Philippe Lamy est professeur de technologie et coordinateur B2i dans un collège de 350 élèves, à Lussac les Châteaux (86). Ses élèves utilisent l'informatique et internet pour communiquer et travailler sur des activités pluridisciplinaires. Rencontre avec un enseignant pour en savoir plus sur la procédure de validation des compétences en informatique et Internet.


Comment apprenez-vous aux élèves à « communiquer et échanger » avec Internet (domaine 5 du B2i) ?

P.L. : Ils apprennent en technologie à utiliser une boîte aux lettres électronique. Mais ce n’est qu’un aspect des compétences qu’ils doivent acquérir pour avoir le B2i. Ils se retrouvent par la suite, à l’occasion de certains projets, dans des situations réelles de communication à distance.

Ces occasions intervenaient ces dernières années notamment lors des « itinéraires de découvertes » (IDD), qui nous donnaient la possibilité de travailler en équipe pluridisciplinaire.

Par exemple avec le professeur de physique nous avons fait un IDD dans lequel les élèves de 4e répondaient à des questions sur la météorologie posées par des élèves de primaire. Les collégiens étaient répartis par groupes de deux et chaque groupe recherchait la réponse à une question.

Pour les enseignants, ces situations d’apprentissage sont intéressantes d’un point de vue pédagogique, de mon côté, je travaillais les objectifs de la technologie, et le professeur de physique travaillait de cette manière une partie de son programme de physique. Pour les élèves, c’est très motivant, de plus les écoles de ce secteur formant un réseau, la première réponse qu’ils avaient apportée avait fait le tour de toutes ces écoles. Ces échanges ont renforcé la liaison école-collège.

Le professeur d’allemand a, entre autres, utilisé un blog pour dynamiser sa pédagogie : des questions étaient posées aux élèves, qui proposaient des réponses en commentaire. La solution n’était donnée qu’après un minimum de cinq réponses proposées par les élèves. Nous avons aussi créé un blog à l’occasion d’un séjour plein air pour partager, notamment avec les familles, des photos de nos observations pendant le séjour. Les élèves mettaient des billets ou des commentaires, et apprenaient au passage par les conseils des professeurs qui encadraient ce projet comment bien communiquer avec Internet.
«Les élèves demandent en ligne la validation de leurs items.
Depuis n’importe quel poste informatique connecté à Internet,
les professeurs peuvent répondre aux demandes des élèves. »
Comment les élèves se font-ils valider les items du B2i ?

P.L. : En 2004, nous avons commencé par mettre en place un livret de suivi. Les élèves le faisaient signer par les professeurs au fur et à mesure qu’ils estimaient avoir atteint le niveau requis pour obtenir la validation d’un item. Les validations étaient effectuées par les professeurs qui avaient régulièrement l’occasion de voir les élèves devant un ordinateur. Par exemple le professeur de physique ramassait les livrets suite à une séance de cours où les élèves avaient pu utiliser un poste informatique.

Depuis 2006, nous utilisons la plate-forme académique GIBII (Gestion Informatisée du B2i), les élèves demandent en ligne la validation de leurs items.

GIBII est un logiciel de gestion informatisée du B2i.
Depuis la demande de validation d'un item par un élève jusqu'à l'obtention du B2i, en passant par les décisions de l'équipe enseignante. Il facilite l'utilisation courante pendant toue la scolarité de l'élève sans la contrainte liée à des documents papier.

Depuis n’importe quel poste informatique connecté à Internet, les professeurs peuvent répondre aux demandes des élèves, le tout est sauvegardé sur un serveur du rectorat, le suivi est plus simple qu’avec le livret papier. C’est un bon outil, chacun l’utilise comme il le souhaite. Le nombre de professeurs qui participent aux validations augmente petit à petit, mais ils ont besoin d’être rassurés sur la fiabilité du matériel et sur leurs capacités à évaluer les compétences du B2i. La plupart pensent que leurs connaissances de l’informatique et d’Internet sont insuffisantes pour évaluer correctement les élèves. C’est pour ça que la collaboration entre professeurs est déterminante.
Validez-vous des compétences qu’ils ont acquises dans vos cours ?

 

P.L. : Pas uniquement. Par exemple en 3e, en classe de technologie, les élèves effectuent des recherches documentaires sur l’histoire d’un objet, par petits groupes, et chaque groupe réalise une présentation assistée par ordinateur. Ils ont été formés à la recherche documentaire au CDI, en 6e notamment. Quand ils préparent la présentation c’est une bonne occasion de les inciter à mobiliser leurs connaissances, nous échangeons ensemble sur la provenance de leurs informations, ce qui me permet d’évaluer où ils en sont. Inversement, ils apprennent dans mes cours à faire des documents multimédia, mais ce savoir-faire peut très bien être validé plus tard par un professeur de français qui leur fait réaliser un dossier incluant des images.

Est-ce que vous laissez les élèves s’auto-positionner ?

P.L. : La plupart du temps, oui. Pour certains items je leur demande même d’attendre qu’ils aient eux-mêmes constaté à deux occasions différentes qu’ils savent le faire avant de m’en demander l’attestation. Quand ils la demandent, ils doivent expliquer sur GIBII pourquoi ils pensent avoir atteint cette compétence. Ce dialogue avec l’élève est intéressant, ça le responsabilise, et développe son autonomie. Mais nous ne procédons pas ainsi pour tous les items, car pour le professeur, répondre à des demandes individuelles prend du temps, Certaines compétences ou attitudes sont validées à l’issue de certaines séances sans attendre qu’ils nous les aient demandées individuellement.